Thématique: Économie circulaire
Alors que l’économie circulaire prend de l’ampleur, il est impératif que les entreprises préparent leur transition en se basant sur l’observation de leur performance circulaire et des risques et opportunités qui y sont associés. Pour ce faire, les entreprises ont besoin d’un outil universel et cohérent pour évaluer leur circularité.
Selon le Circularity Gap Report, l’économie mondiale n’est circulaire qu’à 8,6 % aujourd’hui. Les Indicateurs de Transition Circulaire (CTI), élaborés par 30 entreprises membres du WBCSD en collaboration avec le cabinet KPMG, aident à répondre à des questions telles que :
– Quel est le degré de circularité de mon entreprise ?
– Comment fixer ses objectifs en matière d’économie circulaire ?
– Comment mesurer les progrès résultant de mes activités circulaires ?
La publication « Les indicateurs de l’économie circulaire pour les entreprises » d’EPE et de l’INEC (octobre 2018) soulignait le manque d’indicateurs « clés en main » pour mesurer l’économie circulaire à l’échelle des entreprises. Cette deuxième version de la méthodologie « Indicateurs de Transition Circulaire » fournit des éléments de réponse en apportant un cadre commun de travail et un support de compréhension partagée qui se veulent exhaustifs, flexibles et applicables à tous les secteurs, en décrivant notamment des indicateurs de circularité des revenus d’une entreprise, de son utilisation d’eau ou de matériaux critiques.
L’économie circulaire apporte une alternative souhaitable au modèle économique dominant, à l’origine de perturbations majeures de l’environnement, et fondé sur l’utilisation linéaire de ressources naturelles, de leur extraction ou leur récolte à leur rejet sous forme de déchets.
Le développement de l’économie circulaire reste aujourd’hui limité par la dispersion des gisements de matières secondaires, leur quantité et leur qualité variable, le manque de technologies, d’accès à l’information, d’un cadre réglementaire et fiscal incitatif et par la persistance de barrières psychologiques. L’économie circulaire est aussi porteuse de risques spécifiques limitant les investissements.
L’analyse de vingt-sept démarches d’économie circulaire, initiées par des entreprises et recueillies au cours de trois ans d’échanges, a permis de mieux comprendre les conditions de succès et de massification de ces initiatives.
Les partenariats s’imposent comme un levier permettant de dépasser les contraintes et comme une solution pour tirer meilleur parti des ressources locales, sécuriser les approvisionnements et les débouchés, structurer les filières d’économie circulaire, expérimenter, et faire naître de nouvelles chaînes de valeur.
L’étude de la diversité des modes de gouvernance au sein des partenariats observés, conduite en collaboration avec la Chaire Économie circulaire ESCP-Deloitte, révèle trois grands types de gouvernance, centralisée, distribuée ou sous forme de plateforme numérique.
Enfin, la publication souligne le rôle des pouvoirs publics dans le développement de ces initiatives et rappelle la complexité de la mesure d’empreinte environnementale de ces projets.
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, la consommation globale de ressources (énergies fossiles, biomasse, minéraux et métaux) pourrait plus que doubler entre 2015 et 2050, mettant sous très forte pression les capacités planétaires, que ce soit par l’épuisement des ressources fossiles, naturelles ou renouvelables ou par les quantités de déchets, des rejets de gaz à effet de serre, d’eau polluée ou de déchets solides.
Le modèle économique linéaire, notre modèle dominant, consistant à prélever, produire, distribuer, consommer et jeter, met en danger la stabilité du climat et de la nature et, in fine, le développement pérenne de nos sociétés.
Face à ce constat, l’économie circulaire consiste en de nouveaux modèles visant à améliorer la gestion des ressources : il s’agit d’utiliser et réutiliser au mieux, réduisant ainsi la production de déchets et les besoins en matières premières extraites. Le développement de l’économie circulaire est aujourd’hui fortement encouragé par un nombre croissant de gouvernements qui s’engagent dans cette voie : la Chine, le Japon, l’Union européenne avec l’adoption du « Paquet Économie Circulaire » et la France, qui a publié en 2018 une Feuille de Route pour l’Economie Circulaire (FREC).
De leur côté, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à explorer de nouveaux modèles d’affaires intégrant les principes de l’économie circulaire, porteurs d’opportunités d’innovation, de différenciation concurrentielle et de gains économiques. Pour piloter leurs démarches et leurs stratégies, elles ont un besoin croissant d’indicateurs pour mesurer leur degré de circularité et ses effets sur l’environnement. En effet, elles sont confrontées à de nombreuses questions. Quelles actions d’économie circulaire privilégier, quelle priorité leur accorder ? Comment s’assurer de la réelle valeur environnementale de ces initiatives ? Sur quels outils et référentiels fonder ces démarches ? Quels indicateurs choisir et comment fixer des objectifs ?