Cet abécédaire rassemble une cinquantaine d’actions concrètes et pragmatiques pour une gestion durable de l’eau des membres d’EPE, sous forme de fiches actions organisées par thème. Il témoigne de l’engagement et de la maturité de ces entreprises sur ce sujet autant que de la qualité de leur gestion. Cette brochure a pour vocation d’inspirer et mobiliser toutes les entreprises concernées par la préservation de cette ressource essentielle qu’est l’eau.
Les multiples usages de l’eau font peser sur la ressource une pression croissante. À l’origine d’une partie de ces pressions, les entreprises dépendent de la ressource hydrique pour le fonctionnement de leurs activités. Cette dépendance les contraint à identifier, cartographier et anticiper les risques liés à la pénurie et la pollution de l’eau, et à prêter attention à l’interaction qu’elles ont par ce vecteur avec leur environnement : leur empreinte eau.
Une fois les risques identifiés et hiérarchisés, l’empreinte eau proprement dite peut être évaluée à l’aide d’indicateurs sur les volumes utilisés dans l’activité de l’entreprise, et les impacts induits sur la qualité de l’eau. Il faut alors poser les bonnes questions sur le périmètre à adopter : que mesure-t-on ? Faut-il adopter une approche sectorielle ou prendre en compte l’ensemble du cycle de vie du produit ? Enfin, parmi les outils existants, quel indicateur utiliser ?
La mesure de l’empreinte eau permet à l’entreprise d’avoir une vision claire de sa gestion de l’eau pour mettre en œuvre des actions adaptées. Le reporting donne la possibilité d’élaborer des objectifs chiffrés, liés à des plans d’action pour les atteindre. Les sites appliquent et adaptent ensuite ces lignes directrices à l’échelle locale. L’efficacité des actions mises en œuvre à l’échelle des sites permet ensuite de faire un bilan et de réajuster si nécessaire les objectifs, dans une démarche de progrès continu. Tout au long du processus, les parties prenantes sont impliquées pour s’assurer que le travail se poursuit dans la bonne direction.
L’interdépendance de la gestion de l’eau avec d’autres problématiques environnementales confronte aussi les entreprises à de nouveaux défis, qui remettent partiellement en cause les méthodes d’évaluation, ou en tout cas font peser sur elles une incertitude.
La nécessité d’anticipation des risques apparaît d’autant plus évidente pour les entreprises lorsqu’il s’agit d’adapter leur gestion de l’eau aux changements induits par l’évolution globale du climat et aux nouveaux enjeux de santé publique soulevés par les micropolluants.

Avec un déséquilibre de 40 % entre l’offre et la demande mondiale en eau douce d’ici 2030 (Source : CERES, 2011), sa disponibilité sera, selon la Banque mondiale, l’un des facteurs limitant le développement économique durant les prochaines décennies. La perspective de conflits d’usages entre les différentes parties prenantes amène aujourd’hui les entreprises à intégrer la gestion de cette ressource et des risques associés – physiques, juridiques et de réputation – comme un élément de leur stratégie et un facteur de compétitivité à part entière.
Dans ce cadre, le cabinet Deloitte et EPE ont mené conjointement l’étude « L’entreprise et l’eau : vers une gestion responsable ». Révélant les stratégies des entreprises, tous secteurs d’activités confondus en matière d’actions liées à sa préservation et de gestion des risques liés à ses usages, cette étude a permis la formulation de recommandations dédiées aux entreprises qui souhaitent s’engager dans cette voie.

L’eau, source sine qua non de la vie, « or bleu », partie intégrante du quotidien, base de l’alimentation, du développement économique, mais aussi vecteur de pathologies, de décès prématurés, parfois source de conflits… Les images s’enchaînent facilement lorsqu’on parle de la ressource en eau ; les évoquer permet de ne pas oublier combien nos modes de vie comme nos activités économiques sont dépendants de cette simple molécule H2O, dont la disponibilité en quantité et en qualité est insuffisante dans certaines parties du monde et se fragilise globalement au fur et à mesure que s’accentuent les pressions anthropiques de toutes sortes sur le cycle de l’eau.
Comment gérer, préserver et partager au mieux la ressource ? Comment s’adapter dans un monde dont plus du tiers de la population vivra probablement, à la moitié de ce siècle, en deçà du seuil de stress hydrique ?

