Thématique: Biodiversité

entreprises et changement d’usage des sols

Lundi 24 août, Catherine Chevauché, Nature Director, Veolia, a présenté lors de la session B4Land Forum – Land as an Asset Class de la COP17 à Oulan Bator, en Mongolie, les travaux menés avec les entreprises membres de l’Association française des Entreprises pour l’Environnement (EPE) au sein de la Commission Biodiversité, mettant en évidence la montée en puissance des enjeux liés aux sols et aux changements d’usage de ces derniers dans les stratégies des entreprises.

Longtemps traités de manière fragmentée et de façon variable selon les secteurs, les sols et leurs usages font aujourd’hui l’objet d’une attention croissante et renouvelée. Socle commun à l’ensemble des activités économiques et point de rencontre des grandes transitions environnementales et économiques, ils s’imposent progressivement comme un enjeu stratégique, autour duquel entreprises et acteurs financiers commencent à se mobiliser.

A découvrir dans la publication « Les entreprises face aux changements d’usages des sols. Enjeux stratégiques et leviers d’action » à paraître fin septembre.




Les travaux menés avec les entreprises membres de l’Association française des Entreprises pour l’Environnement (EPE) au sein de la Commission Biodiversité ont mis en évidence la montée en puissance des enjeux liés aux sols et aux changements d’usages de ces derniers dans les stratégies des entreprises.
Longtemps traités de manière fragmentée et de façon variable selon les secteurs, les sols et leurs usages font aujourd’hui l’objet d’une attention croissante et renouvelée.

Socle commun à l’ensemble des activités économiques et point de rencontre des grandes transitions environnementales et économiques, ils s’imposent progressivement comme un enjeu stratégique, autour duquel entreprises et acteurs financiers commencent à se mobiliser.

Publication à paraître le 15 octobre 2026

Investir dans l’économie bleue, gardons les pieds sur terre !   

L’économie bleue, à condition de respecter la fragilité des océans et de renoncer à son exploitation à outrance, fait partie de l’avenir.
 
« L’océan est au cœur de nos vies et absorbe près de 30 % des émissions de carbone » a rappelé Catherine CHAZAL, Présidente de la Commission Biodiversité d’Entreprises pour l’Environnement (EPE), qui a animé cette table ronde consacrée à l’océan lors de l’édition 2025 de Produrable avec Emmanuelle Périé-Bardout de UNDER THE POLE, Gilles Boeuf du Museum national d’Histoire naturelle, Alexandre Iaschine de la Fondation de la Mer et Antoine Person de Louis Dreyfus Armateurs (Lda).
 
« 50 % de l’air que nous respirons est produit par le vivant de l’océan. 1/3 de notre ADN est commun avec le phytoplancton. Un bébé à la naissance est composé pour les  ¾ d’eau. Notre sang est proche de la composition chimique et biologique de l’eau de mer. » a affirmé Gilles Boeuf.
Pour Emmanuelle Périé-Bardout, exploratrice des grands fonds marins, « il s’agit de notre survie dans des conditions décentes ».
 
Lieu de multilatéralisme, l’océan relie. On ne peut pas développer l’économie bleue sans la science et sans la prise en compte des questions d’externalités.  Des solutions existent. Antoine Person a appelé à une réglementation de la vitesse des bateaux cargos notamment, pour réduire les émissions de CO2 et rappelé le pouvoir d’influence des acteurs industriels, comme LOUIS DREYFUS ARMATEURS (LDA), dans le moratoire sur l’exploration des fonds marins.
 
Les profondeurs font souvent preuve de résilience, néanmoins lorsque les seuils de renouvellement des espèces sont dépassés, il est trop tard. Après l’empreinte carbone, l’heure est à l’empreinte océan. 25 % de la biodiversité terrestre dépendent des récifs. « Blue is the new green » a conclu Alexandre Iaschine, Fondation de la Mer.
 
Pour approfondir le sujet : « Connaître, agir et transformer. Actions des entreprises pour l’océan en mer et à terre ». Cette brochure d’EPE illustre comment les acteurs économiques peuvent :
– s’appuyer sur la science pour prendre des décisions ;
– accélérer et financer les solutions de l’économie bleue ;
– transformer les pratiques des entreprises pour préserver ce milieu fragilisé.

La 2e édition du colloque DEFi, Dialogue Entreprise – Finance : solutions et actions pour la nature, a été coorganisée le 4 octobre 2023 par Entreprises pour l’Environnement et l’Institut de la Finance Durable, avec le soutien de nombreux partenaires, pour :
– poursuivre le dialogue commencé entre entreprises et investisseurs sur les enjeux biodiversité lors de la première édition en 2022 ;
– explorer les nouvelles pistes d’action et de progrès ayant émergé depuis l’accord de Kunming-Montréal pour que les décisions économiques et financières prennent mieux en compte la nature et soient alignées sur le nouveau cadre mondial adopté ;
– accroître globalement les apports positifs du secteur privé à la biodiversité et rendre publics de nouveaux engagements.

Ce colloque a réuni plus de 170 experts issus d’entreprises, du secteur financier, du conseil, d’institutions scientifiques, d’ONG et de pouvoirs publics. Plénières et ateliers de travail ont permis de rappeler l’urgence de multiplier collaborations et actions en faveur de la biodiversité et du climat, sans attendre des indicateurs, des méthodes et des outils consensuels.

La perte de biodiversité monte à l’agenda et les acteurs financiers s’en emparent. Le Cadre Mondial pour la Biodiversité adopté en 2022 par 196 États estimait à 700 milliards USD les investissements annuels requis pour atteindre les objectifs mondiaux de préservation et de restauration de la biodiversité.

Au sein de la Commission Biodiversité, les entreprises membres d’EPE ont travaillé de 2020 à 2023 à repérer les pratiques permettant d’organiser la participation du secteur privé à ces investissements et de généraliser les solutions déjà connues.

Fondée sur une soixantaine de témoignages d’entreprises, d’acteurs financiers, d’ONG et d’acteurs académiques, cette nouvelle publication révèle la diversité des approches pour suivre et mesurer la biodiversité, concevoir des modèles économiques permettant de réduire les pressions sur la biodiversité, voire de l’enrichir, et pour construire des trajectoires de progrès.

Dans la perspective de la COP15 et dans le contexte de publication des premiers livrables de la Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD), les associations Finance for Tomorrow et Entreprises pour l’Environnement ont organisé en 2022 le colloque DEFi « Dialogue Entreprise – Finance sur les solutions et actions pour la nature » pour ouvrir et lancer une dynamique d’échanges entre institutions financières, entreprises et parties prenantes sur leurs actions en faveur de la biodiversité.

Les objectifs de cette journée étaient multiples :
– présenter les dernières avancées et réglementations permettant la meilleure prise en compte de la biodiversité dans les décisions de financement et d’investissement ;
– clarifier les demandes des acteurs financiers aux entreprises sur leurs risques, impacts sur la biodiversité et dépendances aux services écosystémiques ;
– présenter les propositions des entreprises aux acteurs financiers sur ces mêmes sujets ;
– débattre des conditions et du format selon lequel les entreprises peuvent représenter au mieux leurs risques, impacts et dépendances susmentionnés dans les informations qu’elles communiquent au secteur financier, et dialoguer sur l’usage fait de ces informations par les acteurs de ce secteur ;
– renforcer la dynamique et les engagements des acteurs économiques.

Le colloque a rassemblé plus de 200 experts – dont plus de 65 intervenants et animateurs – issus d’entreprises industrielles, du secteur financier, du conseil et des services, des pouvoirs publics, de grandes écoles, d’ONG et d’institutions scientifiques.

Ces échanges et de débats de fond ont permis d’étudier plusieurs thématiques complexes, de renforcer les engagements, et ont rappelé le besoin de multiplier les collaborations et les actions en faveur de la biodiversité et du climat sans attendre la mise en place d’indicateurs, d’outils et de méthodes consensuels.

Des attentes sociétales fortes sur la préservation de la nature, des épidémies d’origine animale liées à la pression anthropique croissante sur les écosystèmes naturels et des constats scientifiques sans appel sur l’effondrement de la biodiversité ont contribué à ce que les entreprises renforcent ces dernières années la place de la nature dans leurs réflexions sur leur responsabilité sociétale et environnementale. Elles ont aussi pris conscience des conséquences et risques pour elles de l’érosion de la biodiversité.

Si de nombreuses réalisations pilotes existent, l’enjeu nouveau dans les entreprises est le changement d’échelle de l’action : comment transformer en pratiques générales voire en stratégies business des actions dont l’origine autant que le succès sont liés à des contextes locaux favorables, à des circonstances particulières ou à l’engagement d’équipes particulièrement motivées ? L’objectif est de découvrir quelles initiatives fonctionnent et avec quels soutiens, le rôle des actions volontaires, des régulations, de la recherche scientifique, des consommateurs.

Cette publication souhaite rendre plus explicites les leviers et modes d’action des entreprises et s’efforce d’identifier les conditions de leur changement d’échelle : comment déployer les actions ou des actions de même nature dans différents sites, dans d’autres secteurs ou d’autres entreprises, tout en évitant de transférer les pressions d’un milieu ou d’un enjeu à un autre ?

La dégradation continue de la biodiversité est une source de préoccupations croissantes pour nombre de parties prenantes : scientifiques, ONG, législateurs et citoyens. L’intérêt des clients pour les produits labellisés ou des riverains des sites témoignent de cette sensibilité croissante.

Conscientes des attentes de plus en plus fortes de la société à leur égard, les entreprises membres d’EPE ont partagé leurs expériences et les outils qu’elles ont mis au point ou utilisent pour gérer leurs dépendances et impacts sur la biodiversité au-delà de leurs sites de production. Cette publication montre ainsi comment les entreprises les plus avancées travaillent sur leurs produits et services, avec leurs fournisseurs et avec leurs clients pour réduire leurs impacts sur la biodiversité.

Cette évolution est facilitée par le chemin déjà parcouru sur la question du climat : cette brochure traite de ce que l’on appelle « scope 3 » lorsqu’on parle du climat. Les logiques d’action et les moyens d’action s’inspirent souvent de ce qui a été fait pour la réduction des émissions des entreprises, facilitant l’intégration du sujet par les différents acteurs. Cette publication montre que la capitalisation de cette expérience a cependant des limites tenant à la complexité particulière de la biodiversité.
La publication s’appuie sur une trentaine d’exemples concrets pour montrer l’intérêt de cette démarche élargie, ses difficultés et les solutions que les membres d’EPE ont trouvées pour intégrer cette dimension à leurs opérations.

Certaines entreprises agissent sur la biodiversité ; certaines agissent aussi pour la biodiversité. Quand une entreprise se pose la question de l’action, elle a besoin d’outils, de méthodes pour savoir comment agir pour la biodiversité et aller dans le bon sens. Les indicateurs de biodiversité permettent dans un premier temps de prendre la mesure de l’impact et de la dépendance de l’entreprise sur la biodiversité. Cette prise de conscience initiale est un premier pas pour l’action et permettra même ensuite d’intégrer la biodiversité à la stratégie de l’entreprise.

La biodiversité rentre aussi dans les paramètres normaux du reporting extra-financier, et ceci a incité chacun à se poser la question de ses impacts.
Le guide “Mesurer et piloter la biodiversité” est issu des travaux de la Commission biodiversité d’EPE entre 2010 et 2013.

Cette publication en quatre parties est destinée aux entreprises qui souhaitent agir, et ont donc besoin d’indicateurs de biodiversité. Une quarantaine d’exemples concrets de la pratique des membres illustrent les étapes clés de l’élaboration et de la mise en place d’indicateurs de biodiversité dans l’entreprise.

La perte accélérée de biodiversité apparaît à beaucoup comme le second enjeu environnemental mondial au côté du changement climatique. L’Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire, une étude de quatre ans pilotée par plusieurs organisations internationales, a estimé que le rythme actuel d’extinction des espèces est cent fois plus rapide que le rythme naturel d’extinction ; il impute cette accélération à l’impact de l’activité humaine.

Le sujet est difficile à appréhender pour les entreprises : le recours à des outils économiques pourrait et devrait faciliter la prise en compte de la biodiversité dans les décisions des acteurs aussi bien privés que publics. Dans cette perspective, la question des valeurs associées à la biodiversité et aux services rendus par les écosystèmes, ainsi que leur impact sur les décisions des agents économiques, devient centrale : quelles valeurs ? Et pour quelles décisions ?

La réflexion menée par les membres d’EPE et leur partage d’expériences s’inscrivent dans la logique des travaux de la commission Prospective environnementale dont l’objectif est d’anticiper les ruptures qui vont modeler l’environnement de la prochaine génération. La prise en compte de la valeur de la biodiversité pourrait constituer une telle rupture et modifier profondément à long terme le rapport de l’homme aux écosystèmes.

En traçant les grandes lignes de ce que sont aujourd’hui les valeurs de la biodiversité et de leur impact possible sur la prise de décision, ce document souhaite fournir quelques repères permettant d’alimenter le dialogue entre acteurs pour favoriser cette meilleure prise en compte de la biodiversité.